Galerie de la Scep

Les Artistes Marcela Torrealba Delgado

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Née en 1956 à Santiago (Chili) Vit et travaille à Paris et Suresnes

Née en 1956, Marcela Torrealba Delgado vit et travaille à Suresnes et Paris (Île-de-France). Autodidacte, elle travaille dans son atelier, mais également à Paris-Ateliers, depuis 2007 dans l’atelier de mosaïque dirigé par France Hogué puis plus récemment par Anne-Cécile Lopez. Elle a également suivi différents stages (mortier, pose directionnelle) avec le collectif CaCO3. Elle a notamment exposé à trois reprises pour les rencontres internationales de mosaïque à Chartres en France, où elle a remporté en 2012 le deuxième prix de la catégorie “amateurs initiés”. Elle a également exposé pour la biennale Ravenna Mosaico en Italie en 2013. Marcela Torrealba Delgado est membre de l’AIMC (association internationale des mosaïstes contemporains).

Depuis les premières traces de mosaïque en Mésopotamie il y a 6 000 ans, cet art semble être la réunion d’un geste de pavement technique qui va servir à protéger ou isoler un mur, un sol ou une façade, et le désir de réaliser une image à partir de ces fragments. On retrouve chez Antonio Gaudi cette tradition du pavement et chez Invader le désir de faire une image à partir de tesselles. Aujourd’hui, la mosaïque contemporaine essaie de se libérer d’obligations d’ornementations et/ou de fonctionnalités et tente de faire des pas de côté vis-à-vis de ces traditions. Cependant, pour faire de la mosaïque contemporaine, il y a toujours ce dénominateur commun de l’assemblage d’une tesselle avec son mortier. Marcela Torrealba Delgado n’a cessé de vouloir remettre en question et de décortiquer plastiquement l’usage de ce médium. En sortant du format rectangulaire (Coulée, Pensée obscure, Commencement), en s’émancipant du mur et du sol (Isola, Vide) en utilisant le mortier comme un matériau à part entière ou un outil de dessin (Confinée, Hommage aux dentellières) l’artiste libère les gestes traditionnels de la mosaïque avec une malice et un appétit évidents. Elle utilise des supports mous (Hommages aux dentellières, Onirique, Essence) ou alors les sculpte elle-même (Tatito, Cassée). Elle a récemment réalisé une œuvre (La pasta) où les tesselles ne sont pas fixées, mais posées sur une plaque de pâte de verre. La pâte de verre est traditionnellement débitée en tesselles, ici elle devient le support même de la mosaïque. Les différentes techniques de taille et de pose des tesselles sont autant d’indices qui montrent que l’artiste souhaite exploiter des nouvelles façons de faire, et ainsi nourrir son médium de sa créativité. Traversées d’histoires personnelles et autobiographiques, Marcela Torrealba Delgado projette une relation quasi animiste sur certaines œuvres. Comme ce buste (Tatito, profil de son grand-père, dont la ressemblance avec un Moaï est saisissante) à l’intérieur duquel elle considère qu’une partie de son esprit est présente, ou tous ces clous que l’on retrouve dans ses œuvres qui sont pour l’artiste autant de clous en moins dans son âme. Dans l’œuvre Cassé, c’est en piochant dans son histoire personnelle qu’elle interprète cette étape commune à la vie de chacun où quelque chose se casse, que cette chose soit matérielle ou intangible. Quand on essaie de recoller les fragments, sans jamais pouvoir retrouver l’état initial de la chose en question. Dans l’œuvre Onirique, c’est un souvenir d’enfance d’un mur en ruines qui pousse l’artiste à figurer un espace à la fois réel, passé, rêvé, une ruine qui aujourd’hui a sans doute disparu. Dans ses mosaïques, Marcela Torrealba Delgado inclut des fils d’orties, de la toile de jute, des affiches, des fuseaux à dentelle, de la dentelle, des rondelles de bois, comme autant de matériaux qu’elle sait ne pas appartenir à la tradition de la mosaïque, mais prenant part au propos des œuvres concernées et à la liberté prise vis-à-vis des procédés habituels liés à ce médium. En effet, ses gestes d’assemblage, de collage, de dessin au mortier, de tressage, de cloutage, de moulage, de collecte, de brisure, sont des gestes appartenant au champ de l’art plastique bien plus qu’à celui de la mosaïque. Marcela Torrealba Delgado est ce genre d’artiste qui allait récupérer gracieusement les chutes de la fabrication de la pâte de verre chez son fournisseur. Ce dernier comprendra la sensibilité des praticiens et praticiennes de la mosaïque pour ces chutes et finira par les proposer à la vente en comprenant qu’elles ont de la valeur. Gageons que Marcela Torrealba Delgado continuera de modifier les usages et coutumes de la mosaïque. Et peut-être participera-t-elle à un regain d’intérêt pour ce médium négligé, s’il n’est pas oublié, par le monde de l’art contemporain. À qui la faute ? D’abord aux mosaïstes. Diego Bustamante 2021


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